Polar

Moi, je dis, pour les polars nordiques: la peine de mort!

C'est pas ça, j'ai bien aimé les bouquins de Jo Nesbø, c'est de la bonne ouvrage.
Considérant qu'un polar se doit d'atteindre au minimum 7 sur l'échelle normalisée de Glauctitude, c'est aussi à priori une bonne idée de situer l'action dans un pays où la moitié de l'année se traîne dans une perpétuelle demi-nuit glacée.
Ça donne une raison supplémentaire de déprimer à l'instecteur alcolo de service.
Mais il n'a pas grand mérite; au nord d'Oslo, tout le monde est déprimé: policiers, coupables, indics, serveuses de bar sexy; même les cadavres sont déprimés.
C'est qu'il n'est pas rare que la victime voie avec soulagement et reconnaissance (parfois même avec une pointe d'impatience) approcher de sa tempe le canon de l'arme qui mettra fin à une vie de souffrance que des tonnes de Prozac et des années de luminothérapie n'auront pas réussi à rendre supportable.
A se demander même si les tueurs en série nordiques ne devraient pas être salariés de la sécurité sociale.

Non, sérieusement, un vrai polar AOC, ça doit se passer dans le sud des Etats Unis.
Y a pas à sortir de là.
L.A., c'est bien.
Mais New Orleans, c'est encore mieux.
Si vous n'êtes pas convaincu(e), voici une série d'arguments qui -je le crois, vont établir définitivement la supériorité du Bayou sur les forêts hercyniennes en matière de crime.

1- Les alligators, c'est plus efficace que les caribous pour faire disparaître un corps. Je ne vois pas bien qui pourrait trouver à redire à ça.

2- Aux States, pays de la liberté individuelle et du second amendement, tout le monde peut se balader avec une arme et tirer sur qui bon lui semble. Ça n'a l'air de rien, mais ça ouvre d'intéressantes perspectives à l'auteur de polar. Les constitutions nordiques sont hélas beaucoup plus restrictives.

3- le Jack Daniel's est décidément meilleur que le Salmiakki Koskenkorva (mélange de vodka et d'une composition à base de sirop de glucose et d'extrait de réglisse additionnée de chlorure d'ammonium et de noir de carbone). Faut vraiment le vouloir pour devenir alcoolique en Finlande.

4- Pour les accessoires du décor, les ventilateurs à larges pales en bois qui tournent paresseusement au plafond des arrière-salles de tripot mal éclairées en remuant un peu d'air rance sans le rafraîchir le moins du monde écrasent sans conteste les canapés design en plastique rouge modèle Skvàrgøblë.

5- Pour ceux qui aiment bien lire en V.O., le norvégien est certainement propre à donner une touche de mystère au récit, mais en ce qui me concerne, l'anglais est plus bénéfique à la compréhension générale, même si Burke ne se prive pas d'utiliser quelques mots d'argot que mon dico ne connaît pas.

6- Pluie de néon, c'est bien comme titre. Mieux que neige de néon.

7- L'odeur de transpiration, j'aime pas trop ça dans la vie. Mais dans un polar, c'est indispensable. C'est l'odeur de la peur. Comment voulez-vous bien transpirer dans un pays où les températures estivales... n'existent tout simplement pas? C'est tellement vrai qu'ils ont du inventer le sauna pour pouvoir transpirer un peu. Mais je ne sais pas, une enquête qui se déroulerait exclusivement entre les murs étroits d'une cabine de sauna, je ne crois pas que j'accrocherais.

8- Les moustiques. Ça va un peu avec la transpiration. Ça vous empêche de dormir, les moustiques. C'est le petit détail qui peut vous faire appuyer sur la détente et tout déclencher. Ça peut vous rendre fou, les moustiques. Mais les moustiques, y sont pas fous, eux! Ils n'auraient jamais l'idée d'aller habiter en Suède.

9- D'accord, il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, loin de moi l'idée de contredire Shakespeare. Mais en Louisiane, tout est pourri! C'est le climat chaud et humide qui veut ça, tout pourrit plus vite, même les gens.

10- Une course poursuite en Saab ou en Volvo sur une route verglacée, vous imaginez un peu? Pourquoi pas en traineau à chiens tant qu'on y est? Je suis désolé, mais une course poursuite digne de ce nom demande une Mustang, une Camaro, une Firebird, quelque chose de couillu, quoi.

Alors? Qu'est-ce que vous avez à répondre à ça?